FNAC met à l’honneur un produit bien pratique : Le paradis des poules. Dont voici la description :
Dan Lungu, fin observateur de ses contemporains, plonge sa plume panoramique dans les jardins et les maisons qui bordent la rue des Acacias. On y découvre l’incroyable rumeur qui prend forme le jour où Mme Milica passe le seuil de la maison du Colonel afin d’utiliser son téléphone… Elle va ensuite raconter encore et encore, de porte en porte, son expérience. Et la pauvre connaîtra les affres de la célébrité dans sa rue («incroyable, on n’avait jamais d’huile dans le placard, les poules ne voulaient plus pondre et le sucre vanillé était introuvable») puis le retour, douloureux, à l’anonymat le plus cruel : «plus personne soudain n’avait besoin de son huile, des oeufs de ses poules, du sucre vanillé dont elle avait des réserves…».Un passage hilarant met en scène un des habitants qui découvre des milliers de vers de terre dans son jardin. Autour d’un verre de tord-boyaux maison, Relu Covalciuc et ses compères imaginent alors en faire commerce, et, pourquoi pas, l’exporter contre des dollars. L’auteur exploite merveilleusement ces circonstances typiques de la «nouvelle économie» pour faire rire le lecteur des travers, de l’ignorance, des préjugés campagnards qui sont ceux des habitants de la rue des Acacias.On trouve dans ce roman le langage populaire, les formules nouvelles dictées par la transition économique et le dieu dollar, une dé-formulation de la langue de bois des années communistes. La truculence est au rendez-vous. Les situations sont tragi-comiques. On fait connaissance avec un petit monde qui porte sur nous, «occidentaux», un curieux regard.La rue des Acacias, une rue tranquille de Roumanie, dans une banlieue de province. Les habitants sont retraités ou au chômage mais les langues ne chôment pas, l’alambic non plus. Quel secret se cache dans les fondations de la maison du Colonel ? La destruction de leur rue aura-t-elle lieu, alors qu’avancent les travaux pharaoniques de Ceausescu ? Qu’advient-il de la P’tite lumière de la transition du temps d’Illiescu, quand les trop nombreux pigeons de ladite transition perdent leurs économies dans des placements aussi mirifiques qu’éphémères ? Lorsque le jardin de Relu Covalciuc se trouve envahi de montagnes de vers de terre, Pépé Hrib, Mitu et leurs compères trouvent La solution : les exporter en Occident contre des sacs de dollars… Ces retraités gouailleurs dérident les plus mélancoliques ; hâbleurs, fanfarons et un tantinet affabulateurs, maris bavards, ils ont l’oeil qui frise, la descente rapide et sont capables de beaucoup de mauvaise foi… Ils sont malicieusement dépeints par l’auteur qui jette le doute : ses personnages regretteraient-ils le «paradis de poulailler» d’avant 1989 ?Dan Lungu est né à Botosani, dans le Nord-est de la Roumanie, le 15 septembre 1969. Il est actuellement maître de conférences à la chaire de Sociologie de l’université Al. I. Cuza de Iasi. Il a été pendant plusieurs années rédacteur en chef de la revue culturelle Timpul. En 1996, il constitue le groupe littéraire Club 8. Entre 1998 et 1999, il coordonne une revue intitulée Le Moniteur de lasi dans laquelle il initie et publie des discussions comme Réformes sans fond, Moldavie – identités culturelles, Alternatives culturelles, etc. Il a publié plusieurs volumes de poésie, de la prose et des essais et reçu plusieurs prix.
Dan Lungu
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